Cigalo

Rèino di bos verdejant,
Cigalo, que siés urouso !
Tre que l’aubo blanquinouso
Trais si perlo de diamant.

Sus li fueio tremouleto,
Beves l’eigagno fresqueto.
Pièi, zòu ! Cantes ta cansoun.
Pièi, zòu ! Cantes ta cansoun.

E li Muso riserello
Li nòu Sorre t’an douna
La musico encantarello
Que fas tant bèn zounzouna !

La mort plego pas tis alo,
O cantairo de l’estiéu,
E siés, estènt inmourtalo,
Segur la fiho d’un diéu !

La fiho d’un diéu !
Cigalo !
Siés la fiho d’un diéu !

E li Muso riserello
Li nòu Sorre t’an douna
La musico encantarello
Que fas tant bèn zounzouna !

La mort plego pas tis alo,
O cantairo de l’estiéu,
E siés, estènt inmourtalo,
Segur la fiho d’un diéu !

La fiho d’un diéu !
Cigalo !
Siés la fiho d’un diéu !

Cigale

Reine des bois verdoyants,
Cigale, que tu es heureuse !
Dès que l’aube blanchâtre
Suit la trace de ses perles de diamant,

Sous les feuilles tremblotantes,
Tu bois la rosée fraîche.
Puis zou ! Tu chantes ta chanson.

Et les muses rieuses,
Les neufs sœurs t’ont donné
La musique enchanteresse
Qu’il est si bon de bourdonner (NB: les cigales cymbalisent)

La mort ne plie pas tes ailes
O chanteur de l’été,
Et tu es, étant immortel,
Pour sûr la fille d’un dieu !

D’après le poème de 1887 de Maurise Faure

Adaptation d’un poème grec d’Anacréon (ça fait donc plusieurs millénaires que les cigales chantent ^^) :

Sur la cigale

Heureuse cigale, sur la cime des arbres tu bois un peu de rosée et tu chantes comme la reine de la lyre. Toutes les belles choses que tu regardes dans les champs sont à toi, tout ce que produisent les saisons t’appartient. Tu es aimée du laboureur, car tu ne fais de mal à personne ; tu es honorée des mortels, agréable messagère de l’été ; tu es chère aux Muses ; tu es chère à Apollon lui-même : il t’a donné une voix harmonieuse ; la vieillesse ne t’accable point. Sage enfant de la terre, amante des chants joyeux, exempte de maux, n’ayant ni chair ni sang, tu es semblable aux dieux.